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Accrochée aux vieux murs et aux ruines d’antan, la pariétaire pourrait être charmante par son côté désuet. Hélas, il s'agit d'une redoutable plante allergène causant chez les personnes sensibles rhinites, crises d’asthmes et autres désagréments respiratoires.

Toutefois, comme la plupart des plantes médicinales, la pariétaire officinale présente cette étonnante ambivalence : elle est aussi bénéfique que néfaste. Découvrez tous ses secrets dans notre article.

Pariétaire : présentation

Qu'est-ce que la pariétaire ?

La pariétaire appartient à la famille des Urticeae, au même titre que l’ortie. Pourtant, ses poils ne sont pas urticants, car recourbés sur la tige. Sa tige est velue, rouge ou rousse, et ses feuilles, d’un vert tendre, sont pleines, non dentelées et ovoïdes.

Sa floraison est longue et s’étale du printemps, courant avril, à l’automne, début novembre. Les inflorescences sont le plus souvent réunies dans les parties hautes de la plante, agglomérées le long de la tige.

Le fruit de la pariétaire est à peine visible : il mesure moins de deux millimètres. Il s’agit en réalité d’un akène contenu dans les fleurs.

Où pousse la pariétaire ?

La pariétaire pousse essentiellement sous le climat méditerranéen, notamment en Corse où elle se rencontre très fréquemment. Elle est peu recensée au-delà de la Loire et inexistante dans l’ouest et dans le nord de la France.

Comme le sous-entend la consonance de son nom, la pariétaire vient du latin « parietarus », signifiant mur, paroi. La pariétaire pousse en effet contre les vieux murs, le long des bâtiments en ruine et  utilise ses poils duveteux pour s’agripper aux vieilles pierres.

Selon les époques et les régions, la pariétaire a porté différents noms évocateurs tels que la Casse-pierre, la perce-muraille, la gamberoussette, l’herbe à verre ou l’herbe à bouteille.

Pariétaire : un pollen très allergène

La pariétaire possède un pollen très fin mais redoutable.  Il s'agit en effet d'un allergène très résistant, sévissant à la même période que sa floraison, d’avril à octobre.

D'ailleurs, la pariétaire fait partie des espèces pouvant entraîner une allergie respiratoire par le pollen. A ce titre, les distributeurs ou vendeurs de pariétaire doivent une information préalable aux acquéreurs, en faisant figurer de manière visible et lisible sur le document d'accompagnement des informations relatives au risque que ces végétaux sont susceptibles de porter à la santé humaine (arrêté du 4 septembre 2020).

Symptômes

Les symptômes d’une pollinose à la pariétale sont sensiblement les mêmes que pour toutes les allergies à pollens de graminées :

  • nez qui coule ;
  • rhume des foins ;
  • démangeaisons du nez, de la gorge et des yeux ;
  • asthmes sévères et conjonctivites dans les cas les plus graves.

Transmission : une dissémination aérienne

Le pollen de pariétaire est disséminé par le vent. Le pollen étant fin et très léger, il n’est jamais disséminé très loin du végétal dont il est issu.

Pariétaire : des bienfaits inattendus

En dépit de ce sombre portrait de plante allergène, envahissante et hérissée de pics duveteux, la pariétaire possède de nombreuses vertus.

Vertus pour le système urinaire

La pariétaire est riche en nitrate de potassium, ce qui lui confère des qualités certaines pour traiter les désagréments du système urinaire. Puissant diurétique, la pariétaire est recommandée pour soulager les cystites, les néphrites et les hydropisies. 

Au fil des siècles, la pariétaire a été beaucoup utilisée pour l’expulsion de calculs rénaux et apaiser les inflammations de la vessie.

Cataplasme : contre rhumatismes et brûlures

Les feuilles de pariétaire macérées, appliquées en cataplasme soulageraient les douleurs rhumatismales. Elles auraient également une incidence positive sur l’apaisement des brûlures cutanées superficielles.

Une application de feuilles serait également utile pour traiter les hémorroïdes, grâce à la présence conjuguée des flavonoïdes, antioxydant reconnu et des mucilages, puissant décongestionnant.

Infusion : pour le système respiratoire

L'infusion de pariétaire (coupées au citron, à la verveine ou à la menthe pour amoindrir le goût très fort de la plante) était autrefois utilisée comme un décongestionnant puissant des voies respiratoires lors de grippes, bronchites et angines de poitrine.

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